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Ces deux dernières semaines étaient particulièrement préposées à la préparation de la mobilisation du Mardi 24 mai. Au menu, 43 caisses à remplir, à identifier, un inventaire long comme un parchemin, pour au final s’y retrouver dans tout ce « fatras ». Il est vrai que lorsque l’on est à coté d’une pile de 43 caisses toutes identiques, et que l’on cherche un filtre nylon GF/F… il est bon de pouvoir le  retrouver d’un clic! Les maîtres mots pour l’embarquement étaient:

  1. Préparer tout de manière à pouvoir travailler la tête dans le seau. Il faut dire que ça bouge là bas!
  2. Deux valent mieux qu’un. Imaginez si je perdais ma tête, il en faut une de rechange!!! Non je blague, Mais concernant les clés à molette et les petites pièces volatiles, il vaut mieux être prévoyant!

Enfin autant dire que tout ça, mérite une longue et scrupuleuse préparation. Au jour d’aujourd’hui, ces caisses sont terminées, bien qu’il faille encore les porter jusqu’au navire qui est au port. A part tout ce travail des plus fastidieux, mais profitable, il a également été nécessaire, de continuer à se faire la main avec le MIMS. On a alors réalisé trois solutions de standards, à des concentrations de l’ordre du nano-molaire. Le nano-molaire est une concentration, exprimant un nombre de molécules par unité de volume. Un nano molaire de DMS (la molécule que j’étudie) équivaut à en diluer 5 g dans 80 000 m3 d’eau. Imaginez plutôt un morceau de sucre dilué dans 4 000 camions citerne de taille moyenne (20 m3). Ces trois solutions contenant toutes du DMS (un isotope par solution) à diverses concentrations, vont permettre grâce à une connaissance précise de la concentration de départ, d’étalonner la mesure du DMS naturel. Un isotope du DMS est une molécule ayant rigoureusement la même structure mais portant un ou plusieurs atomes plus lourds qu’un atome naturellement présent. Grâce à ces trois isotopes nous avons donc 3 masses moléculaires différentes plus celle du DMS naturel. Ce qui fait quatre masses moléculaires. Là est tout l’intérêt du spectromètre de masse, qui en quelque sorte est une balance ultra précise qui sait différencier les quatre isotopes du DMS. Enfin en fonction du rapport de quantité de DMS naturel par rapport au DMS marqués, on peut connaitre le taux de DMS dans l’eau de mer. Les solutions standard ayant subis les mêmes étapes de préparation à la mesure que le DMS provenant de l’eau de mer.

Voilà donc un court extrait de l’ingéniosité de cette machine qui m’est confié. Celle-ci embarquera dès Mardi 24 mai sur le NGCC-Amundsen.

Dès la semaine prochaine, découvrez les essais en mer.

Guillaume Leguen

NGCC-Amundsen