La course au large a permis la mise au point de voiliers performants, rapides et non polluants qui sont amenés à s’aventurer dans des zones reculées de la planète. Eric Defert, navigateur et fondateur de Science & Sea, y a vu un support idéal pour aller dénicher des informations sur les organismes qui peuplent nos eaux.

Le projet Iodysséus a ainsi vu le jour : épaulé par un comité scientifique, Eric souhaite au travers de ce projet élargir l’état des connaissances actuelles sur l’interface entre l’océan et l’atmosphère en prélevant des échantillons à l’aide d’un multicoque de course. Rappelons qu’un voilier parcoure en moyenne 3 millions de kilomètres lors d’une course au large, et ce à la même vitesse que les systèmes atmosphériques qui transportent les aérosols marins (et par extension les bactéries et le microplancton). Un collecteur en haut du mât permettrait de récupérer ces aérosols grâce au vent vitesse créé par le déplacement rapide du bateau. Une pompe amènerait par ailleurs l’eau de subsurface jusqu’à des capteurs situés à l’intérieur du bateau. Ces derniers seront en mesure de donner les concentrations en calcite, chlorophylle, matière organique, et de déterminer de la taille des particules. Analysés par le CNRS et par des laboratoires de recherche biotechnologiques, les données captées par ces deux types de systèmes permettront d’étudier l’intérêt de la dissémination des éléments marins. Les éléments qui ont la plus grande tendance à l’évaporation pourront également être identifiés.

Dans un premier temps, Iodysséus participera au large de la pointe bretonne à l’opération Objectif Bloom au printemps 2019. Cette période correspond en effet à la floraison de la microalgue Ehux, excellent bioindicateur et dotée d’un intérêt biotechnologique non négligeable.

L’absence de rejets d’hydrocarbures dans l’eau fait du voilier un support particulièrement adapté à l’échantillonnage scientifique. On retirera en outre au coût de l’opération celui des bateaux, les voiliers de course étant déjà financés et équipés. Enfin, la visibilité médiatique de la course au large est un atout à exploiter pour sensibiliser le grand public à l’environnement marin : de manière générale, le plancton rejette plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et régit mais n’est actuellement pas pris en compte dans les prévisions liées réchauffement climatique.

Solène Jahan

Sources :

Mer et marine : https://www.meretmarine.com/fr/content/la-recherche-scientifique-sur-le-plancton-grace-la-course-au-large

Iodysséus : https://www.iodysseus.org/

Techniques Ingénieur : https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/iodysseus-un-programme-innovant-alliant-course-au-large-et-sciences-59103/?fbclid=IwAR0YSow_sELaso7y_90TXT3LZHdK3_zkQZix7_5nlxW_0MVBPgiV40eVlwY

Merci également à Eric Defert pour le temps qu’il a accordé à mes questions sur le projet Iodysséus. Mes remerciements à Jean-Pierre Pustienne pour son travail de relecture ainsi que pour l’image de couverture.